Édito Annuaire Archives Calendrier Contact Boutique Musique  
dunun.com Percussions.org
Le forum de toutes les Percussions !
 
La musique est ailleurs ...
Aller à la page Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Percussions.org Index du Forum -> ۞ Articles ۞
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
Philippe Fouchard
Membre ayant posté plus de 400 messages


Inscrit le: 13 Aug 2004
Messages: 430

MessagePosté le: 14 Feb 2008 17:46    Sujet du message: Répondre en citant

Very Happy Merci François !

Question C'est vrai que ça me fait un peu bizarre de jouer le percu intello. Mais c'est aussi vraiment sympa, même jubilatoire, de pouvoir échanger avec vous sur des sujets aussi passionnant. Je n'ai pas vraiment l'occasion de pouvoir parler de ce genre de trucs avec d'autres musiciens.

Néanmoins, (pour me rassurer), j'aime à rappeler que "tout beau parleur vit au dépend de celui qui l'écoute" et que ce qui est dit ici n'est que jeu, fiction, poèsie. Je ne détiens aucune vérité, mes affirmations n'ont d'intérêt que dans ce qu'elles permettent le jeu, la fantaisie, le questionnement et je l'espère la contre-affirmation.

Quant à la chaise, de par sa forme, elle m'invite à m'asseoir... Cool

http://www.myspace.com/philippefouchard
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
François Kokelaere
Membre ayant posté plus de 200 messages


Inscrit le: 24 May 2002
Messages: 319
Localisation: France

MessagePosté le: 14 Feb 2008 18:11    Sujet du message: Répondre en citant

Redoutable, le Fouchard... qu'est-ce que tu me fais marrer (par ton humour) et réfléchir à la fois (par ta pertinence et ton impertinence), c'est le top, non!

Mais au fond, je te déteste d'être aussi intelligent...

Bien amicalement, votre dévoué et inconditionnel.

Mais qui est François Kokelaere ?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un email
Philippe Fouchard
Membre ayant posté plus de 400 messages


Inscrit le: 13 Aug 2004
Messages: 430

MessagePosté le: 15 Feb 2008 7:51    Sujet du message: Répondre en citant

Rolling Eyes c'est bon d'être détesté comme ça...

Bon ça y est, avec tes encouragements, tes compliments, j'ai pris feu.

Histoire de continuer à mettre notre pensée en mouvement, j’ai bien envie d’aborder cette notion d’intention introduite par Alain qui me paraît vraiment intéressante (voir fondamentale).

On dit volontiers que « c’est l’intention qui compte ».

Histoire de faire mumuse avec nos neurones on peut distinguer l’intention sur deux modes différents :

Dans une action, si l’intention est centrée sur le désir de la satisfaction de ce que l’on veut obtenir, mon agir est orienté vers la finalité et est sur un « mode avoir ».

Si la finalité est secondaire et que l’intention est détachée du désir de la satisfaction dans l’immédiat de ce que l’on veut obtenir, action et finalité se confondent et l’agir se qualifierait comme relevant davantage de « l’être » que de « l’avoir ».

Le percussionniste (qui ne souhaite pas trop sombrer dans la névrose) doit osciller entre ces deux modes pendant toute sa vie de musicien.

On peut imaginer qu’il va dans un premier temps beaucoup fréquenter le « mode avoir » avec l’intention d’acquérir les connaissances nécessaires au jeu qu’il veut obtenir. L’action privilégiée dans le « mode avoir », c’est faire. Alors il va faire des recherches, des exercices, des tas de trucs...

J’imagine que le percussionniste va plus ou moins rapidement être amené à jouer dans un groupe et à découvrir des notions nouvelles pour lui, telle que la puissance de frappe, la dynamique du jeu à plusieurs, l’endurance, le soutien, la complicité, l’improvisation ou « prise de parole » seule (solo) ou soutenue (chorus) par le groupe. Bref il va être amené à développer son jeu dans l’adaptation, l’ajustement créatif et l’agir juste.

Et là… le sage pointe sa truffe et nous dit que seule l’intention détachée du désir de la satisfaction dans l’immédiat de ce que l’on veut obtenir, donne le pouvoir d’agir juste.

Seul le jeu en « mode être » lui permettra d’évoluer vraiment.

Wink

http://www.myspace.com/philippefouchard
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Philippe Fouchard
Membre ayant posté plus de 400 messages


Inscrit le: 13 Aug 2004
Messages: 430

MessagePosté le: 15 Feb 2008 8:10    Sujet du message: Répondre en citant

Tiens, je viens de retrouver un petit texte écrit par une amie, une grande dame :

« Nous pourrions dire que nous sommes en croissance lorsque nous laissons toujours plus de place à ce qui n’est pas nous, tout en continuant à nous organiser, à nous complexifier, à nous densifier. Ce qui pourrait s’accompagner d’une capacité à renoncer, à se déposséder, se désencombrer de ce que nous avons pu posséder… C’est-à-dire perdre ses « avoirs » pour plus « d’être », plus d’ouverture à ce qui n’est pas encore là, pour devenir présence accueillante ».

Yo !

http://www.myspace.com/philippefouchard
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
François Kokelaere
Membre ayant posté plus de 200 messages


Inscrit le: 24 May 2002
Messages: 319
Localisation: France

MessagePosté le: 15 Feb 2008 10:52    Sujet du message: Répondre en citant

Au feu, les pompiers, la maison qui brûle… En plein dans le mille, Docteur Fouchard, comme d’habitude, et pour rebondir, je verrais plutôt trois périodes, inspirées par ce « vieux jouer de tambour perdu au fond d’un brousse improbable » (le re-voilà, vous avez remarqué qu’il n’est plus jembéfolaw, c’est moins connoté…) qui disait avec ses mots :

Il y a trois phases dans l’apprentissage du tambour :

- la première, on se bat avec lui.
Alors on tape, on roule, on brille
On a le sentiment de « dominer » le tambour
C’est le musicien qui « parle »

- la deuxième, c’est le tambour qui nous joue
Alors on construit les phrases, on pense à ce qu’on va jouer, on réfléchit
On a le sentiment que c’est le tambour qui nous « domine »
C’est le tambour qui « parle »

- la troisième, on « fait la paix » avec le tambour.
On ne sait plus si c’est nous qui le jouons ou lui qui nous joue
C’est le temps de la résonance
On ne sait plus qui de l’un ou de l’autre « parle ».

Dans cette première période, disons de « l’avoir », on joue pour être aimé, pour exister, pour se construire, pour être reconnu ou « connu » des autres, on se met en représentation, on « paraît être », on veut briller.
C’est le moment des certitudes, de l’ego démesuré, de l’arrogance, de la virtuosité outrancière, de la surdité à toute ouverture, de la «crétinitude », d’une certaine souffrance, du manque de confiance en soi.

Dans la deuxième période, disons de « renoncement », on lâche, on se laisse faire, on se laisse guider, on accepte le chemin, on écoute, on s’ouvre, on se calme.
C’est le moment de l’humilité, du partage, de la rencontre.

Dans la troisième période, disons celle de « l’être », on résonne.
C’est un compromis entre les deux, une sorte d’équilibre, où on ne sait plus très bien qui fait quoi, on ne sait plus très bien où on est, on se vide, on ne cherche plus, on « est » tout simplement, on se remplit de vide.

« Être ou paraître être » comme disait Sir William un jour où il avait bu… et comme après cette cuite mémorable, il ne se souvenait pas bien de ce qu’il avait dit la veille, la postérité retint : « Être ou ne pas être, telle est la question ».
Mais en bon menuisier, Philippe aurait dit : « A voir ou hêtre ? » ou s’il avait rencontré Sir William ce soir là « A boire ou pas d’hêtre, telle est la question ? »
C’est fou comme l’histoire peut être capricieuse…

Bref, les choses ne peuvent pas être complètement radicales, comme les rythmes ne sont jamais complètement binaires, ternaires ou asymétriques.

Le « moment musical » (je n’ai pas voulu dire « temps musical » pour éviter le débat pointu sur cette notion – cf Costin Cazaban) http://nicol.club.fr/ciret/bulletin/b13/b13c9.htm

oscille entre différents états, que l’on tente de contrôler plus ou moins en fonction du lieu, du moment, de l’environnement, du contexte.

Chacun se basant sur une expérience très personnelle et unique qui ne peut être objectivement partagée avec les autres puisqu’elle est si personnelle et unique.

Citation:
« l’expérience de chacun qui est strictement personnelle et privée. »
comme le dit si bien Ludwig Wittgenstein, cher à Philippe ( à lire absolument le « Tractatus » du même auteur, petit fascicule de 70 pages qui a bousculé la philosophie moderne).
http://www.cvm.qc.ca/encephi/CONTENU/PHILOSO/WGT.htm

Au regard de Wittgenstein, ce dont nous parlons est tellement subjectif, que nous ferions mieux de nous taire.

Et puis quoi encore, ce n’est pas un philosophe autrichien qui va nous faire taire ? Qu’est-ce qu’il connaissait au tam tam le sieur Ludwig ?

Mais qui est François Kokelaere ?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un email
Philippe Fouchard
Membre ayant posté plus de 400 messages


Inscrit le: 13 Aug 2004
Messages: 430

MessagePosté le: 15 Feb 2008 11:53    Sujet du message: Répondre en citant

On Fire Bien envoyé Docteur Kokelaere !

http://www.myspace.com/philippefouchard
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
Philippe Fouchard
Membre ayant posté plus de 400 messages


Inscrit le: 13 Aug 2004
Messages: 430

MessagePosté le: 16 Feb 2008 8:39    Sujet du message: Répondre en citant

Il y en a une de Wittgenstein que j'aime beaucoup :

"On peut comparer les classifications faîtes par les philosophes et les psychologues à celles produites par quelqu'un qui essayerait de classifier les nuages d'après leur forme". Very Happy

http://www.myspace.com/philippefouchard
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
François Kokelaere
Membre ayant posté plus de 200 messages


Inscrit le: 24 May 2002
Messages: 319
Localisation: France

MessagePosté le: 16 Feb 2008 10:50    Sujet du message: Répondre en citant

Pourquoi s’en priver ?

Extraits du « Rythme de la prose » d’Eric Bordas
http://semen.revues.org/document2660.html

A propos du rythme :
Citation:
« Du point de vue de la motivation d’un tel mouvement physique, Nicolas Abraham (1972), se fondant sur la psychanalyse, a montré, à la source de l’énergie rythmique, la pression permanente du désir humain cherchant sans cesse à se donner des moyens de se satisfaire, puis insuffisamment satisfait par chacun des moyens qu’il a élaborés et remis en quête par le sentiment de frustration qui découle de cette expérience. En fait, il apparaît très vite que le principal problème à résoudre est celui d’un métalangage : comment dire le rythme comme configuration temporelle organisée ? »


Ou encore…

Citation:
« Tout d’abord, parce que le rythme, on l’a vu, implique la présence concrète et active du silence comme superstructure sensible. »


Et la magnifique conclusion de l’article :

Citation:
« Épreuve de liberté intellectuelle, comme on parle d’ «épreuve de résistance », mais risque également, l’idée de rythme peut nous permettre de nous dégager du fétichisme du signe et du sens à comprendre, pour faire accepter l’évidence d’une présence au monde. »


Lisez donc tout l’article, ça prend dix minutes et c’est vraiment super de le relier à tous nous échanges.

Mais qui est François Kokelaere ?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un email
Philippe Fouchard
Membre ayant posté plus de 400 messages


Inscrit le: 13 Aug 2004
Messages: 430

MessagePosté le: 16 Feb 2008 11:58    Sujet du message: Répondre en citant

Vraiment intéressant !

Je ne partage pas le point de vue psychanalytique sur la source de l’énergie rythmique et sur la source de la création artistique d’ailleurs.

Juste une réaction à Bordas qui écrit : On a la (bonne) habitude de commencer toute réflexion sur le rythme par la définition de Platon : « … cet ordre du mouvement a reçu le nom de rythme ».

Je dirais pour ma part : On a la (mauvaise) habitude de commencer toute réflexion sur le rythme par la définition de Platon : « … cet ordre du mouvement a reçu le nom de rythme ». C'est un peu comme classifier les nuages d'après leur forme.

L’essence du rythme donne lieu à certaines équivoques, qui sont toujours aussi des malentendus de l’expérience, écrit Maldiney. La plus commune est la confusion du rythme et de la cadence (pulsation). Classique, presque officielle, elle date d’Aristote qui définit le rythme : l’ordre des temps.

Il n’est pas question d’ordre ou de métrique dans le rythme mais plutôt dans la cadence.

La cadence est répétition à l’identique dans une succession régulière, stable et prévisible. Elle est de l’ordre du temps opératoire avec ses métronomes, horloges, montres et agendas. Institutionnalisée, du domaine du général c’est notre temps commun.

Le rythme est de l'ordre du temps vécu, il est la singularité même, on peut reconnaître quelqu’un que l’on connaît à son rythme. De plus le rythme ne tourne jamais vraiment rond, sinon pas de groove.

Malentendus de l’expérience car les confondre, c’est s’oublier, ne plus respecter son rythme propre et se perdre dans une cadence impersonnelle. Tranquillisation qui n’incite pourtant pas à l’immobilité et à l’inaction, dirait Heidegger, au contraire elle pousse à un affairement effréné, à une agitation ("avoir" avec son "faire")

Limite dans l’illimité, dirait Maldiney, ce que la fermeture est à l’espace, la répétition l’est au temps. Elle remplace la genèse transformatrice du présent. Elle exclut le devenir-autre, et avec lui la réceptivité à l’évènement (c'est la névrose).

Vivre en société comme dans un état de nature, ajouterait Goodman, c’est rester à l’écoute des exigences en soi de la nature, qui sont celles-là-mêmes de l’adaptation et de la création.

C’est se différencier, s'individuer et dans le respect de son propre rythme s’ajuster de façon créative à une cadence imposée par notre société.

Méfiance ! ne confondez pas rythme et cadence au risque de ne plus être... Mais je ne suis pas trop inquiet pour les percussionnistes...

http://www.myspace.com/philippefouchard
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
François Kokelaere
Membre ayant posté plus de 200 messages


Inscrit le: 24 May 2002
Messages: 319
Localisation: France

MessagePosté le: 19 Feb 2008 9:34    Sujet du message: Répondre en citant

Docteur Fouchard ! Oui, nous pouvons aujourd'hui, vous appeler Docteur !
Félicitations Docteur Fouchard...

En effet, vous avez été nommé par la célèbre Université de La Brande des Rossinats (c’est chez moi), branche non sciée et non négligeable, de la non moins célèbre UIMR (Université Intersidérale des Maboules du Rythme) Docteur Onoris Causa en « rythmologie appliquée ».
Vous accédez donc enfin, au titre très honorifique et recherché de «rythmologue en chef ».

Ce diplôme, décerné à l’unanimité d'un jury très compétent (moi et mon chat. Ben oui, faut être deux pour qu'il soit valide...) a été particulièrement recommandé par le célèbre Professeur Maboulette Tam Tam (votre serviteur).
(Ca, c'est la version officielle. En fait, c'est surtout mon chat qui a beaucoup insisté, d'ailleurs, moi, je n'étais pas très chaud... C'est vrai qu'il n'avait pas encore mangé et qu'il miaulait beaucoup. J'ai pris ça pour une appréciation positive)

Vous pouvez venir retirer votre diplôme quand vous le désirez sur la planète Mars, troisième cratère à gauche en partant de l’étoile polaire.

Bien sûr, cet éminent diplôme, si recherché par la faune tamtamistique, bien qu’il fasse de vous une célébrité interstellairement connue, demande quelques devoirs :

A compter d’aujourd’hui et de maintenant et de tout de suite, vous devenez un « faiseur de vide », un poète du silence et metteur (ou entremetteur) en résonance ultime. Charge lourde s’il en est mais tout à fait à la portée de vos compétences.

Toutefois, nous sommes obligés de vous sensibiliser à propos de quelques points délicats…

Surtout, ne vous laissez pas griser par temps de reconnaissance, cela pourrait nuire à la qualité de votre réflexion, ne vous endormez pas sur vos lauriers récents, vous pourriez ensuite dégager une forte odeur de soupe pas toujours agréable, surtout en cas de rencontre élégante et surtout, surtout, nous tenons à vous informer que cet éminent diplôme, si recherché par la faune tamtamistique, ne vous donne aucun droit de vous la péter sur internet ou ailleurs. Restez simple, cela ne peut que servir votre réputation, surtout sur Mars.

Voilà, cher Docteur en rythmologie, encore toutes nos félicitations et n’oubliez pas de vous laver les dents après chaque repas.

Votre dévoué, Professeur Maboulette Tam Tam


PS: Continuez longtemps à nous régaler de vos commentaires si pertinents

Mais qui est François Kokelaere ?
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé Envoyer un email
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Percussions.org Index du Forum -> ۞ Articles ۞ Toutes les heures sont au format CET (Europe)
Aller à la page Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivant
Page 6 sur 7

 
Sauter vers:  
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum
Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
Vous ne pouvez pas joindre de fichier dans ce forum
Vous pouvez télécharger des fichiers dans ce forum



Anti Bot Question MOD - phpBB MOD against Spam Bots
Inscriptions bloqués / messages: 343 / 0