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Disparition de Tata Guines

 
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Nikko
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MessagePosté le: 13 Feb 2008 9:54    Sujet du message: Disparition de Tata Guines Répondre en citant

Cuba perd en Tata Güines son premier tambour Sad Sad
Disparition. Adulé en son pays, le roi des congas est mort à 77 ans.
Son surnom claquait en onomatopée, comme le son sec de ses paumes sur le cuir des congas. Tata Güines, mort lundi à La Havane d’infection rénale, était le premier tambour de Cuba, le plus adulé des percussionnistes de l’île. Les musiciens pouvant se mesurer à lui étaient passés aux Etats-Unis : Candido Camero (né en 1921) et Carlos «Patato» Valdés, mort en décembre à 81 ans.

Si Candido et Patato, habitués des cabarets, exhibaient une frappe spectaculaire, Tata préférait une approche sobre et économe. Le Vénézuélien Orlando Poleo, qui fut son disciple, en témoigne : «Je me plaçais au premier rang des concerts pour observer sa technique, mais ses mains s’élevaient si peu au-dessus des tambours qu’il était impossible de lui piquer des plans.» L’autre spécialité de Tata Güines fut le jeu d’ongles, aujourd’hui répandu mais qu’il fut le premier à développer, au grand dam des puristes.

Federico Arístides Soto était né le 30 juin 1930 à Güines, village agricole de la province de La Havane, dont il adoptera le nom. Dès l’adolescence, il est le jour cireur de chaussures ou cordonnier ; courant la nuit les radios et les salles de concerts, ses congas au dos. Dans la rue havanaise, il croise Chano Pozo, le premier joueur de tumbadoras (le nom cubain des congas) à devenir un star, avant d’être abattu dans un bar de Harlem en 1948 pour une histoire d’herbe frelatée Exclamation

La répercussion de Pozo dans l’orchestre de Dizzy Gillespie à New York a été telle que la demande de percussionnistes cubains explose aux Etats-Unis. Tata prend donc le bateau et se produit plusieurs années dans des hôtels, où il est le seul Noir admis (il n’oubliera jamais la pancarte «No coloured, no dogs allowed» dans le hall du Waldorf).

C’est peut-être ce racisme affiché qu’il décide de fuir quand il rentre en 1960 sur son île, où la révolution castriste s’est installée. Il mènera dès lors une carrière versatile, marquée par l’exigence artistique : il passe du jazz au classique, du folklore d’origine africaine à la danse classique (il accompagnera le ballet Ad Libitum, dansé par Alicia Alonso et Antonio Gades).

Tata Güines, petit homme peu bavard et toujours souriant dont l’aspect frêle contrastait avec la force de frappe, enregistrera sur des centaines de disques, mais le premier sous son nom, Aniversario, ne paraîtra qu’en 1994, peu avant Pasaporte, où il adoubait son héritier, Miguel «Anga» Díaz, disparu prématurément en 2006.

Source:
François-Xavier GOMEZ libération.fr

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