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François Kokelaere


Inscrit le: 24 May 2002 Messages: 336 Localisation: Planète Terre
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Posté le: 14 Oct 2002 11:37 Sujet du message: Premier épisode: pérégrinations d'un petit blanc en Guinée |
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Histoires Africaines ou les pérégrinations d'un petit blanc en Guinée
Préambule
Ceci n'est que le songe d'une nuit d'été comme dirait le grand William et bien sûr, tout n'y est que mensonges et billevesées. Les rêves déforment tout, vous le savez bien... Oui, j'ai dû rêver cette période de ma vie située entre Septembre 87 et Mars 95. Bien sûr, les principaux intéressés vous diront que tout y est faux et ils ont raison, chacun accommode la vérité à sa manière et d'ailleurs, il n'y a jamais une vérité mais des vérités. Celle-là est la mienne enfin la perception qu'il me reste de cette aventure incroyable que nous avons vécu ensemble avec quelques compères jusqu'en 95. Il faut bien qu'à un moment donné les choses tournent au vinaigre sinon où serait le sel de la vie ou plutôt, sa vinaigrette! Si mes deux copains Télivel et Abou, mes frères devrais-je dire, vous disent qu'il n'y a pas un mot de faux dans ce récit, surtout ne les croyez pas, ils ont oubliés ou alors, eux aussi, ont dû rêver...
Premier épisode: j'ai fait un rêve!
J'ai fait un rêve..., Si,si, je vous assure, c'est comme ça que mon histoire en Guinée a commencé. Pas comme le grand Martin bien sûr, lui c'est une vision qu'il a eu, moi, c'est seulement un rêve, un vrai de vrai, tout bête... J'étais dans ma caravane au fin fond du Berry. Et oui la caravane, c'est le petit côté nomade que tout artiste a au fond du coeur, on se dit qu'un jour, s'il le faut, on peut partir, comme s'il était possible de fuir sa destinée, perdu au milieu des champs sur le versant d'un petit coteau (tiens, "koto" ça veut dire "grand frère" en poular!), plein Ouest avec vue sur le soleil couchant, à l'ombre d'un chêne magnifique sous lequel je faisais moins le malin les jours d'orage. Ca a quand même une autre gueule que "vue sur le périphérique". Une nuit, j'ai rêvé que je devais partir en Afrique dans une ville dont le nom porterait deux "k" comme dans le mien "Kokelaere", le maître coq, le cuistot quoi, en flamand des Flandres, du côté de la Belgique, là où aujourd'hui on aime presqu'autant le djembé que les frites. Lointains ancêtres qui déjà me prédestinaient le nom de préparateur de tambouille, saucier de la peau de chèvre, ordonnateur de menus variés et avariés, sommelier du millésime rare. Un rêve si présent où l'on se demande si l'on est dans la réalité ou de l'autre côté. Et puis on se réveille et le souvenir est tenace alors on se rendort et l'on retourne dans le même rêve. De ceux-là, on se souvient. On se prend alors à penser à une prémonition. "Et si ça n'arrivait pas qu'aux autres" ces choses là? Ni une, ni deux, je me procure dès mon réveil un atlas, je regarde le répertoire, un "k", deux "k", "Kankan"? C'est où ça? J'ouvre la page ... en Afrique! Tiens, en ... Guinée! Tiens donc!
Kankan, ça sonne bien, pourtant je n'y ai jamais mis les pieds. Il faudra qu'un jour j'aille y faire un pèlerinage, même pas à pied, ou à la nage, ou à genoux non, en marchant sur les mains, tellement ce rêve a bouleversé ma vie. Ah les rêves! Docteur Jung avait raison! La Guinée... déjà le nom fait rêver. Guinée. L'Afrique noire comme il disent comme si il y avait une Afrique blanche? L'Afrique c'est l'Afrique, le reste on s'en fout!
Un jour à Conakry, je suis tombé sur un vieux document de l'époque colonial où Conakry était écrit avec deux "K". "Konakry" mais ça, l'atlas ne pouvait pas le savoir. Seuls ceux qui dirigent la section rêve au fin fond de l'univers le savaient. Si je les tenais, ceux là, j'aurais deux mots à leur dire...
La Guinée, j'avais entendu parlé de ces ballets légendaires sans les avoir jamais vu, du batteur mythique Fodé Youla, qu'on ne connaissait pas encore sous le surnom de "Marseille", de son groupe "Africa Djolé" et des premiers enregistrements effectués en Allemagne qui constituaient déjà notre bible. "Kakilambé" notre "pater noster", "Djolé" notre "ave maria", "yankadi" notre "dies irae". On était bien loin d'imaginer que les africains, noirs, pourraient être pieux musulmans! Fodé Youla, l'homme de "Locomotive d'Or" de Claude Nougaro. Mais à part ça la Guinée? C'était un mystère? Sékou Touré, un monstre sanguinaire, une caricature de dictateur comme savent nous les faire gober nos livres d'histoire. Où on est gentil ou méchant. Pas d'alternative. Le carcan judéo-chrétien. Tout blanc ou tout noir. Pas de place pour les métis, on ne mélange pas les genres au pays du crucifié. Celui qui a osé dire "non" au grand Charles ne pouvait être qu'un fou, une bête avide de sang frais. "Non" à l'immense France salvatrice, le puits de la civilisation, le centre du monde et de sa capitale lumière. Il ne fallait pas dire qu'il nous avait tout simplement botté le cul et que nous pouvions dire adieu à la bauxite, à l'or, au diamant et à d'autres denrées précieuse du même acabit. C'est pas tout à fait vrai et pas tout à fait aussi simple que ça d'ailleurs car nos chères multinationales n'ont jamais quitté la Guinée, la seule différence, c'est que dorénavant, ils devaient payer. Et ça, les capitalistes n'aiment pas. Payer aux anciens colonisés, pas bon du tout! "Surtout pour alimenter les comptes en Suisse de dirigeants corrompus et qui laissent leur pays bien-aimé dans la misère la plus totale. Au moins, du temps de la colonisation, Konakry avait l'allure d'une petite ville des Antilles. Propre, bien rangée, organisée. C'était l'bon temps!" Pas pour tout le monde, mon gars...
Tiens les Antilles. Une ancienne colonie devenue département. Pas fous ces antillais. De vrais français, bon bien sûr, un peu noirs mais français quand même, avec un département, deux régions et même des indépendantistes fonctionnaires. Faut le faire, non? Le beurre, l'argent du beurre et la crémière en plus. Frantz Fanon doit rigoler dans sa tombe!
Moi, j'étais à des années lumières de toutes ses histoires. Sékou Touré, un mystère et le petit fascicule "Que sais-je" consacré à la Guinée que j'avais lu ne m'avait pas beaucoup éclairé. Un petit musicien bien ordinaire, pas commode, sûr de lui, ayant une opinion sur tout déjà, qui se débattait comme ses petits copains au milieu de la faune parisienne qui n'avait déjà pas la réputation d'être très sympa, avec l'arrogance insupportable du parigot et de l'aura qu'il exerçait sur le "vulgum pecum" provincial. A ça avait de la gueule d'être musicien à Paris, capitale des cultures du monde. Encore tout frais émoulu d'un séjour au Brésil qui avait fait chanceler bien des certitudes. "Ras le bol de cette parisiannité superficielle et si je partais en Guinée! Si j'allais à Kankan, avec un nom pareil, il doit bien y avoir des joueurs de djembé."
Comment j'ai entendu parler de cette bourse que donnait le ministère de la culture aux artistes professionnels pour se perfectionner, avec cette manie de toujours regarder devant et de pas m'attarder sur le passé, j'ai oublié. Toujours est-il que j'appelle le ministère de la culture et expose mon cas: "je suis musicien professionnel et je voudrais aller étudier le tambour en Afrique". Long silence... "Mais bien sûr nous avons effectivement des bourses prévues à cet effet mais il faut que vous déposiez un projet solide avec votre C.V., des articles de presse, si vous en avez (crétin, j'en ai plein!) et si votre candidature est retenue vous devrez passer une audition devant des spécialistes mais je vous préviens, nous avons beaucoup de demandes et peu d'élus". Ca ne m'effrayait pas. Si je m'étais taillé un chemin dans la jungle parisienne alors j'étais prêt à affronter la savane guinéenne, ses fièvres, ses grands fauves, ses kalachnikovs, ses marxistes et je pouvais quand même me farcir le gratin des "spécialistes" du genre au ministère de la culture de la France.
Ni une, ni deux! Je prépare un projet, vide mes fonds de tiroir des articles de presse, mon C.V. qui déjà à l'époque faisait bien trois pages écrites en petit s'il vous plaît, j'étais pas n'importe qui, moi, Monsieur, et j'envoie le tout rue St Dominique mais en vérité, sans grand espoir de retour. On les connait ces administratifs. Est-ce qu'un joueur de tam tam pouvait les intéresser? Ils avaient dû regarder ma candidature en se fendant la gueule, les salops... "De toutes façons le tam tam ça ne s'étudie pas, y'a pas d'école pour ça. Les noirs, ils ont ça dans le sang, le rythme dans la peau, génétiquement pulsé dès la naissance, programmé pour danser alors, vous, un petit blanc, vous rigolez. On n'est pas là pour vous payer des vacances au soleil. Retournez taper dans vos caves et surtout ne nous cassez pas les oreilles." C'est sûr qu'ils avaient dit ça. Je les entends ces branleurs, ces politicards car pour travailler au ministère il faut tremper dans la politique, n'est-ce pas?
Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir une convocation du-dit ministère. "Votre candidature a été retenue, vous êtes convoqué à une audition. Veuillez vous présenter avec votre instrument le ... (j'ai oublié la date mais c'était en 86)". Ah bon! Ils ne sont peut-être pas tous pourris ses fonctionnaires. Bof, c'est pour respecter la procédure. Il leur faut un quota de sauvages pour justifier d'une certaine pluralité hypocrite. Ils croient peut-être que je vais me dégonfler. Ils ne me connaissent pas, ils vont voir ces enfoirés! Le jour dit arrive et je me pointe avec mon sac kaki de l'armée allemande, celui qui est assez large pour tenir un djembé, cher aux percussionnistes (mon djembé à l'époque était un "iroko" large de Côte d'Ivoire, d'un teint un peu jaunâtre, très léger dont j'avais raccourci la cheminée que j'avais récupéré d'Adama Dramé je ne sais plus comment, qui m'a été volé depuis d'ailleurs. Celui qui me l'a volé m'a fait un beau cadeau car à la suite de ce vol j'ai découvert le "lingué", le bois des djembé fola comme dit Mamady Keïta). Je me retrouve au milieu de musiciens classiques, tellement propres sur eux qu'ils flippaient à l'idée de se présenter devant un jury qui devait leur attribuer la bourse magique qui signifierait le début probable d'une possible carrière. Ils me regardaient d'un oeil surpris, presque craintifs, trop angoissés pour être arrogants, trop tendus pour être désagréables, avec cette peur dans les yeux de celui qui ne connait pas l'extase de la scène et qui est resté scotché devant son pupitre trop longtemps à s'en abîmer la vue. Pauvre petit cousin classique, je te plains quand tu vas passer devant le gratin de la culture nationale. C'est sûr que je faisais un peu tâche dans le cadre de cette audition proprette, un peu celui qui s'est trompé d'adresse. Qu'est-ce que j'étais venu faire dans cette galère? Et puis vint mon tour. "Monsieur ... ko ... ke ... la... aire". "Kok'lare, madame comme ça se prononce". J'entre dans l'arène devant un jury d'éminents spécialistes dont je n'avais jamais entendu parlé. Qu'est-ce que ces asticots là pouvaient-ils bien connaître au djembé? Allez, je me lance? Je prends mon djembé et j'y vais. D'abord doucement pour me chauffer les mains puis je monte en puissance. Des yeux se lèvent, des bouches s'ouvrent, estomaqués, c'est bon signe, j'en rajoute une couche, mes mains sont bien chaudes maintenant, je sens les claqués au bout des doigts avec un léger petit picotement, je cartonne, rien à perdre, les toniques sonnent, bien rondes, rien à foutre de leur bourse, je suis venu là pour jouer, je vais leur casser les oreilles, ça tourne, elle sonne bien cette salle, je m'éclate, ah djembé quand tu nous tiens, ils vont voir ce que c'est qu'un tam tam comme ils disent. Je joue, je délire, j'assume, peut-être même que j'ai chanté dans un mauvais soussou appris à l'oreille. Les vieux devaient sursauter à l'ombre des fromagers géants que je ne connaissais pas encore. L'innocence du débutant, l'irrespect de l'iconoclaste, la naïveté imbécile du "baba cool". "Merci, on vous écrira." Et je croisais en sortant le regard apeuré d'un jeune violoniste terrorisé dont "c'était le tour"...
Deuxième épisode: le voyage en Guinée |
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Mais qui est François Kokelaere ?
Description : novembre 1987 - François Kokelaere en Guinée à Paillotte
Vu : 4137 fois - Taille du fichier : 80.05 Ko
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Janpier


Inscrit le: 25 Jul 2002 Messages: 50 Localisation: Rouen
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Posté le: 14 Oct 2002 16:07 Sujet du message: |
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| Belle histoire ! On vous a appelé ? Vous l'avez eue cette bourse ? ;-) |
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| Partagez votre savoir. C'est une manière d'atteindre l'immortalité.
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François Kokelaere


Inscrit le: 24 May 2002 Messages: 336 Localisation: Planète Terre
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¤¤ kOBaL ¤¤


Inscrit le: 21 Sep 2002 Messages: 98 Localisation: Millau (12)
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Posté le: 16 Oct 2002 14:18 Sujet du message: |
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Emouvant, bien raconté, les détails m'ont fait réver un instant...
Et dire que je n'en suis qu'au tout début, mais un début que je savoure avec le sourire
Sourire est la meilleure facon de montrer ses dents au destin...."
Apparement Mr Kokelaere a parfaitement sourit...
Je m'empresse de lire la suite...  |
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| Sourire est la meilleure facon de montrer ses dents au destin...
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François Kokelaere


Inscrit le: 24 May 2002 Messages: 336 Localisation: Planète Terre
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Posté le: 16 Oct 2002 16:06 Sujet du message: la suite, c'est pas triste... |
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Et vous allez voir la suite, c'est pas triste... De plus il y a aura plein de photos inédites et d'articles de presse de l'époque. Le feuilleton de l'automne en quelque sorte. TF1 n'a qu'à bien se tenir... Vivement que Mardi prochain arrive. Le mardi 24 Octobre 2002. A entourer d'un cercle. Eh, webmaster, tu ne nous fera pas attendre le mercredi, hein! Tu promets... |
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| Mais qui est François Kokelaere ?
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k-nard (inactif)
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Posté le: 17 Oct 2002 0:55 Sujet du message: |
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Salut à tout le monde !
Question à Mr Kokeleare. Sais tu si depuis toi, il y a eu un autre cas similaire (c'est à dire une autre demande de bourse "acceptée" pour aller étudier le djembe). Tu as le chic pour préserver le suspens, tout le monde attend la suite impatiemment !!!
Au fait ! quelle était la réponse à ta deuxième devinette ?  |
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François Kokelaere


Inscrit le: 24 May 2002 Messages: 336 Localisation: Planète Terre
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Posté le: 21 Oct 2002 10:51 Sujet du message: |
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Je ne sais pas du tout s'il y a eu d'autres cas de bourse pour aller étudier le tambour et si cela existe encore. Le plus simple est de téléphoner au Ministère de la Culture, rue St Dominique, de demander quel est le service qui s'occupe des bourses et de demander les condiions d'obtention.
De quelle devinette parles-tu?
Cordialement.
FK |
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k-nard (inactif)
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Posté le: 21 Oct 2002 11:17 Sujet du message: devinette réponse |
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Salut à toi mr Kokeleare, en fait la devinette se rapportait au tressage, savez vous pourquoi et comment le laçage ancestral à base de tendons et de nerfs est devenu de la drisse préétirée ?
j'ai hate de savoir !
Salut à toutes et à tous et bonne frappe !!
J'en profite pour une question, est ce que les djembefolas Guinéens (en générale) ont leur djembe arrangé ? comme on dit, tu sais le petit grigri à l'intèrieur et cela est il important pour eux ? |
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François Kokelaere


Inscrit le: 24 May 2002 Messages: 336 Localisation: Planète Terre
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Posté le: 21 Oct 2002 17:48 Sujet du message: Gri-gri... |
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Bonjour Monsieur Cyber K -Nard. A propos du tressage j’ai une idée toute personnelle qu’un jour des scientifiques confirmeront ou infirmeront. A l’origine, le tressage était fait avec des nerfs et des tendons d’animaux et il fallait chauffer régulièrement la peau afin qu’elle reste tendue. Je pense que ce sont les marins qui ont amenés la corde de chanvre avec le commerce intercontinental et notamment la traite des esclaves. Puis dans les années cinquante la corde de nylon est apparue et enfin la pré-étirée qui fait aujourd’hui l’unanimité pour la bonne raison qu’elle ne bouge que très peu car justement “pré-étirée”, c’est à dire qu’elle est passée dans une machine qui la tire, la tend en quelque sorte. Le comble de l’histoire est que la drisse pré-étirée, de son vrai nom, est toujours une corde que l’on utilise en marine. L’histoire est un éternel recommencement.
Quant au gri-gri... je ne vois pas bien de quoi tu parles. Veux-tu dire que les africains seraient animistes et croiraient encore à leurs vieilles coutumes? Je croyais qu’ils étaient tous musulmans ou presque. Veux-tu dire qu’ils utiliseraient des sortes de talismans pour se protéger des maléfices? Tu me rappelles une histoire. Il y a quelques années nous étions en tournée en Hollande avec les Percussions de Guinée. Après un spectacle, deux jeunes africains viennent voir Fatouabou et lui disent:
“ Grand frère, dis-donc tu as mis beaucoup de médicaments dans ton djembé pour jouer comme tu le fais!”
Abou les surplombe de toute sa stature et leur répond en les regardant droit dans les yeux:
“Messieurs, le médicament en question s’appelle “la salle de répétition tous les jours”. Si vous jouez tous les jours plusieurs heures votre djembé, il n’aura pas besoin d’être soigné. Laissez tomber ces foutaises et retournez à l’école du tambour. Sur ce, bonsoir, je suis fatigué et je rentre à l’hôtel”. Et il laissa sur place nos deux jeunes artistes en herbe interloqués (Ah cet Abou, c’est quelqu’un quand même). Ce que les deux jeunes en question ne sauront jamais, c'est la quantité de protections qu’Abou met sur son djembé...
Le message qu’il a voulu leur faire passer est qu’il ne faut pas tout mélanger. Le jour où tu seras un grand djembé fola et que tu auras bossé comme un fou pour ça alors il sera toujours temps de penser aux gris-gris mais avant que ce temps n’arrive, commence par aller “à la salle de répétition”. Bon courage mon gars... |
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k-nard (inactif)
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Posté le: 21 Oct 2002 19:59 Sujet du message: |
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Ravi de lire ces explications, je connais un batteur burkinabe, qui, si il n'avait ses grigris serait incapable de jouer (ou plutôt se rendrai incapable de jouer) et alors je me dit que le pouvoir psychologique c'est quand même quelque chose.
Au final, n'est ce pas là le pouvoir du grigri ?
Salut à toutes et à tous et bonne frappe !!  |
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