Jimmy B


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Posté le: 04 Sep 2007 14:48 Sujet du message: Laurent Bizot | Interview |
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Laurent Bizot | No format, le label en fête
No Format a trois ans ! Il en fallait de l'audace pour créer ce label. Située entre singularité, minimalisme et anticonformisme, chez No Format, la magie est là. Depuis trois années, le geste musical qui serait inclassable a son abri. Le plus surprenant est ce choix souvent judicieux pour des artistes et des rencontres aux frontières de multiples univers sonores. No Format swingue, sautille et joue à l’explorateur sans concession. Aux commandes de ce navire, Laurent Bizot, un passionné et professionnel de la musique en rupture avec la norme et les impératifs commerciaux.
Catalogue No Format | Du 10 au 15 décembre 2007 Faites dédicacer vos cadeaux de Noël par les artistes !
Comment est né No Format ?
En 2004, après 7 ans passés dans l'industrie du disque, j'ai voulu créer un label pour promouvoir les disques qui, malgré leur qualité, ne trouvaient pas de distributeur à cause de critères commerciaux, ceux dont le département « marketing » des labels ne voulait pas car trop inclassables, trop difficiles à travailler, pas en phase avec les besoins médiatiques, en un mot pas assez formatés. D'où le nom du label !
Combien de personnes constituent le noyau dur du label ?
J'ai commencé seul et maintenant nous sommes deux.
Bien que l'écurie No Format accueille des pointures connues et moins connues, comme Gonzales ou Julia Sarr, penses-tu que le label a trouvé son public ? Ou est-il justement "No format" ?
Chaque artiste a un public sensiblement différent puisqu'ils évoluent dans des mondes musicaux parfois très éloignés. Mais il y a aussi un certain nombre de personnes qui, partant d'un artiste, se sont intéressées au label, à sa démarche et ont aimé un ou plusieurs autres projets. Par exemple, des fans de Totobonalokua qui ont découvert Julia Sarr-Patrice Larose, ou des fans de Gonzales qui ont aimé Rocé.
Comment se passent les créations des albums ?
Chaque histoire est différente mais c'est toujours l'artiste qui est au centre du processus. Je tiens à ce qu'il se sente complètement libre. Parfois même je rencontre l'artiste quand l'enregistrement est complètement terminé, comme ça a été le cas pour Gonzales. Il avait produit son album lui-même avec Renaud Létang, il cherchait un débouché. D'autres fois je suggère des collaborations, comme celle de Mamani Keita et Nicolas Repac.
As-tu des anecdotes sur les rencontres entre artistes pour les différents projets ?
Le titre qui est caché à la fin de l'album "Totobonalokua", c'est un vrai moment de bonheur, une improvisation délirante de Richard Bona, suivi par ses deux compères, et ça illustre tout à fait l'ambiance qui régnait dans le studio pendant l'enregistrement de cet album. D'abord du plaisir.
Étant donné que le label est assez inouï comparé aux productions disponibles sur le marché et fait d'inattendu, quelles sont les prochaines nouveautés et rencontres du catalogue ?
Deux nouveautés : la première c'est une chanteuse Canadienne d'origine haïtienne qui s'appelle Mélissa Laveaux. Je n'ai jamais entendu quelqu’un mixer aussi subtilement l'indie folk et les musiques des Caraïbes - elle est originaire d'Haïti. De plus sa voix est unique. Elle a un site : www.melissalaveaux.com. L'autre projet c'est une rencontre de deux grands musiciens, David Neerman, vibraphoniste de jazz et Lansine Kouyaté, maître malien du balafon. Drôle d'idée a priori de mélanger vibraphone et balafon, mais on n'est pas du tout dans l'anecdote. En réalité leur collaboration est naturelle, presque fusionnelle et très créative. Ça sera un disque instrumental, entre jazz et musique mandingue, un disque de climats, presque psychédélique, en tout cas c'est comme ça que je me l'imagine.
Les productions du label sont bien diffusées à l'étranger ?
Oui relativement bien, environ la moitié de nos ventes sont réalisées à l'étranger, notamment par le biais d'Universal Jazz ou de labels indépendants locaux. Les pays les plus réceptifs sont le Japon, le Canada et l'Espagne
Est-ce en partie grâce au fait d'être passionné de musiques ou d'être le manager de Salif Keita, qui t'a donné cette idée ingénieuse de créer des rencontres éphémères et instinctives ?
Non c'était une envie personnelle depuis longtemps, rien à voir avec le travail que je fais pour Salif Keita. Mais j'ai aussi beaucoup de plaisir à travailler avec lui, c'est un immense artiste.
Enfin, quelle est ta découverte récente en musique (artiste, groupe, style, ...) et que tu aimerais faire partager ?
J'ai vu deux très bons concerts récemment, Sara Tavarès, une chanteuse capverdienne et le groupe New-Yorkais d'afrobeat Antibalas. Vous pouvez y aller les yeux fermés !
© Jimmy Braun – septembre 2007.
No Format | Faites dédicacer vos cadeaux de Noël !
Tout album acheté sur le site entre lundi 10 et samedi 15 décembre 2007 sera spécialement dédicacé par l'artiste concerné.
Pour commander, allez sur la rubrique Albums du site du label, et écrivez le nom de la dédicace dans la case "Message" à la fin de la commande.
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